HAPPY BIRTHDEAD : MIREILLE BALIN

9 novembre 2013

Autant vous prévenir tout de suite, on ne va pas parler poésie ce samedi. Plutôt bagnole, cambouis et PMU. Cela va être cliché, de mauvais goût, tendancieux parfois limite vulgaire. Je m’en excuse d’avance auprès des femmes et surtout des féministes. Mon lectorat, celui de Maxi Tuning et Paris-Turf, est, lui, déjà trois lignes plus bas.

 

Mireille Balin (20 juillet 1909 – 9 novembre 1968)

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Chez les Mireille, il y a Mireille Mathieu, Mireille Darc, Mireille Dumas et Mireille tout court. Ça ne sert à rien de se mentir les enfants, on n’est pas sur du modèle dernier cri. Et alors ? Les femmes ne sont pas des objets foutre diable… et puis, « une Porsche reste une Porsche » comme se plaisait à dire, mon garagiste, Raymond, après la révision des 30 000. Notre Mireille du jour, Mireille Balin, a roulé sa bosse de Paris à Hollywood en passant par la grande botte. Dans ces conditions, un détour en Porsche, même poussiéreuse, ça ne se refuse pas.

Mireille Balin, vamp à l’écran (où l’on parle voiture)

La vamp, mot désuet de l’entre deux-guerres et diminutif de vampire, désigne la femme fatale, la prédatrice sexuelle, la Eve d’Adam, la Cléopâtre de César, la Cécilia de Jacques ou enfin la Mia de Brian dans Fast and Furious. Blanche Mireille Césarine Balin, c’est l’incarnation du mot. Né en 1909 à Monte-Carlo (au même endroit que le grand prix de Formule 1, si c’est pas classe ça !), la petite Mireille se fait vite remarquer pour son talent mais aussi et surtout, il faut l’avouer, pour sa belle gueule. Après quelques années dans le mannequinat, la jeune femme se dirige vers une carrière d’actrice. Alors qu’elle tourne avec les plus grands, « Mimi » devient une véritable icône de la beauté mais s’enferme dans cette image de vamp avec ses rôles dans Le roman d’un spahi, Pépé le Moko ou encore Gueule d’amour, bijou réalisé par Jean Grémillon en 1937 et qui vaudra son surnom au génial Jean Gabin (à ne manquer sous aucun prétexte, YouTube offre le voyage).

 

…vamp à la vie (où l’on parle cheval)

Chanteur, sportif, politique, acteur, les hommes tombent comme des mouches dans la besace de la belle. Et pas du menu fretin ! Sur la ligne de départ, Young Perez, tout frais champion du monde poids mouche et vite renvoyé à ses études après une demande en mariage ratée. La demande en mariage, une mauvaise idée reprise par Raymond Patenôtre, magnat de la presse et ministre sous Daladier, pour un résultat similaire. Mireille 2 – Boyfriends 0… Mais Mireille n’est pas Hélène et les garçons n’ont pas toujours besoin d’elle (hélas, les révélations de ces derniers jours remettent en cause ma théorie). C’est le cas des deux suivants, Jean Gabin, avec qui elle entretient une courte aventure, mais surtout Tino Rossi, belle bête de 70 kilos, encensée du Poitou à l’Alabama. « A quoi reconnait-on un beau cheval ? A ses belles dents », disait mon vétérinaire. Tino, avec sa dentition parfaite est un spécimen de compet’ mais l’aventure tournera au vinaigre puisque le bel étalon s’acoquine en 1941 avec Lilia Vetti, pouliche qui deviendra sa future femme.

canaille

 

 L’Allemand, sa dernière folie (où l’on parle Ferrero Rocher)

Après avoir écumé le monde du show biz, Mimi change radicalement de cap. Nous sommes en pleine occupation, l’Allemand est à la mode dans les rues de la capitale. Notre actrice n’échappe pas à la règle et tombe sous le charme d’un bel officier de la Wehrmacht, Birl Desbok. Si en amour personne ne peut juger, les résistants n’ont pas cette vision romanesque de la chose. En 1944, en pleine épuration, les deux tourtereaux sont interceptés alors qu’ils tentent de s’enfuir en Italie. Tandis que Mireille est battue et violée, Birl, homme peu maniéré, disparaît étrangement de la circulation, préférant sûrement nourrir les poissons que secourir sa belle. Quelques temps plus tard, devant un tribunal marxiste et bien pensant, on reprochera à l’actrice son rôle dans le film Les cadets de l’Alcazar et ses participations aux soirées de l’ambassadeur, soirées que l’Histoire ne reconnaîtra à sa juste valeur que bien des années plus tard.

La dernière chevauchée de Léon Mathot, sorti en 1947 scellera la carrière d’une actrice détruite et malade, qui s’éteindra dans la misère et l’oubli, à l’âge de 59 ans… Mais tout n’est pas perdu va, sèche tes larmes. Âme noble et charitable, lecteur de Paris Turf, Maxi Tuning et bouffeur de Ferrero, je sais que c’est avec plaisir que tu viendras déposer religieusement, au cimetière de Saint-Ouen, division 31, un beau bouquet sur la tombe de Mimi, disparue dans l’indifférence générale un 9 novembre 1968.

L’épuration vue par Audiard : « Les Ricains sont arrivés par la porte d’Orléans, on est allé au-devant d’eux sur la route de la Croix-de-Berny, à côté de chez nous. On était bien content qu’ils arrivent, oui, oui, mais pas tant, remarquez bien, pour que décanillent les ultimes fridolins, que pour mettre fin à l’enthousiasme des « résistants » qui commençaient à avoir le coup de tondeuse un peu facile, lequel pouvait – à mon avis – préfigurer le coup de flingue. Cette équipe de coiffeurs exaltés me faisait, en vérité, assez peur. »

 

 

Hubert Charrier