Happy Birthdead : Chris Penn

24 janvier 2014

Dans la vie, on ne peut pas continuellement être blanc et noir, pour et contre, de droite et de gauche. Il faut choisir son camp. J’te vois bien venir avec tes sabots normands estampillés « p’tet bien que oui, p’tet bien que non ».

C’est vrai que l’histoire a prouvé que la bonne foi n’est pas toujours gage de réussite, Jeanne d’Arc en témoignera. Mais pourtant, y a pas à tortiller du cul, être pour Chris ou Sean Penn, c’est un peu choisir entre être un jedi ou un sith, un hobbit ou un orque. 

 

Chris Penn (10 octobre 1965 – 24 janvier 2006)

Don't fuck with me

 

Sean Penn. Beau gosse, la cinquantaine bien assumée, parfois un peu soupe au lait, il faut bien l’avouer. Taper Madonna à coup de batte, c’est pas gentil gentil mais bon, les statistiques parlent pour lui. Madonna donc, Robin Wright, Scarlett Johansson, Jessica White et actuellement Charlize Theron, un tableau de chasse de compétition.
Pour le public, le choix est vite fait. Mais si tu lis ces lignes c’est que tu n’es pas un public ordinaire. Le beau te touche et tu as bien raison. Tu mérites de connaître le meilleur, la crème de la crème, « the Maxi Best of » comme disent les ricains. Alors accroche toi à ta chaise, attache ton ceinturon et colle toi à moi (pas trop tout de même), Chris Penn est à portée de cliques.

 

Footloose ou la chope Sarah Jessica Parker

Bien avant Dirty Dancing, les 2be3, Sexy Dance 1, 2, 3 et 4, il y avait Footloose. Classique des années 80, le film raconte l’émancipation de jeunes adolescents à travers la musique et la danse et leur combat contre le diabolique révérend Shaw Moore. Dans Footloose, alors que le monde s’attarde sur la musique, Kevin Bacon et les débuts de Sarah Jessica Parker, les vrais retiennent une seule chose, Chris Penn alias Willard Hewitt. L’ami sans qui la ville de Bomont n’aurait jamais pu retrouver le mojo.
« Chris Penn, c’est sans aucun doute le plus formidable et le plus talentueux acteur que j’ai côtoyé ». Sur le tournage, en plus d’apprendre à danser, Chris Penn conte fleurette à Sarah Jessica Parker…visiblement encore sous le charme vingt ans après.

 

 

Reservoir Dogs, les débuts d’une vie de chien

Malgré son rôle de Willard, la carrière de Chris Penn ne décolle pas et l’acteur alterne entre mauvais film et mauvais rôle. Mais en 1992, une lueur d’espoir apparait pourtant avec une apparition remarquée dans le premier film d’un jeune réalisateur, Quentin Tarantino. Entre Footloose et Reservoir Dogs, quelques années ont passé et Willard a laissé place au ventripotent Eddie Cabot. Un rôle marquant mais secondaire qui ne l’autorisera pourtant pas à ambitionner les premières places.

 

 

Second rôle jusqu’à sa mort

La suite pour notre frangin malchanceux, c’est une ribambelle de rôle insignifiant. Du gangster maladroit de Rush Hour au flic idiot de Starsky et Hutch, le grand écran ne s’intéresse plus à Chris Penn. Pire, on lui fait même l’affront de couper sa seule scène d’Américan Pie 2, où il joue le rôle du papa de Stifler. Monde cruel. A côté, c’est le quotidien de la majorité des acteurs hollywoodiens, une apparition dans les experts Miami, une autre dans New York section criminelle, un passage dans un clip de Jay-Z, de quoi permettre de boucler les fins de mois et attendre patiemment la fin en se gavant de médocs.

 

 

Chris Penn est retrouvé sans vie dans un motel le 24 janvier 2006, à Santa Monica. Un paradis qui n’a rien à envier à Melrose Place et qui lui permet de concourir à une des morts les plus cheaps d’Holllywood. Considérant que la fin n’est pas encore tout à fait assez glorieuse, sa famille décide de l’enterrer au cimetière d’Holy Cross, nid pour raclure du show business, les mêmes qui lui ont tourné le dos pendant toute sa carrière. Alors oui, verse ta larme mais relève la tête. Car, il y a Sean, certes, mais au fond de toi tu sais désormais que c’est Chris qui vaut la Penn.

 

 

Hubert Charrier