HAPPY BIRTHDEAD : PHIL LYNOTT

4 janvier 2014

Ce samedi, nous aurions pu vous raconter l’oeuvre et la vie d’Albert Camus, de Henri Bergson ou de Larry Reinhardt, dit « Rhino », célèbre guitariste américain. Mais porté par un généreux élan de subjectivité et un amour inconditionnel pour les crânes bien garnis, c’est de Phil Lynott dont nous parlerons aujourd’hui !

 

Phil Lynott (20 aout 1949 – 4 janvier 1986)

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Derrière cette bouille angélique, ce regard câlin, cette moustache affinée des années durant, une choucroute laquée comme il se doit et un jeu de sourcils démoniaque, se cache un savant et pour le moins détonnant mélange: un père brésilien qu’il ne connaîtra jamais et une mère irlandaise, Philomena Lynott (célèbre pour la dextérité avec laquelle elle maniera l’image posthume de son fils, se remplissant allègrement les popoches au passage). Né en 1949 en Angleterre, il rejoint rapidement la chatoyante banlieue dublinoise, lorsque sa mère, alors en sortie d’adolescence, le confie à sa grand-mère. Les années passent et le jeune Phil devient rapidement la star de son quartier. Imaginez la touche d’un irlandais noir pavanant sa coupe afro dans les rues de Dublin au milieu des années 60. Une première expérience de chanteur avec les Black Eagles, une deuxième avec le groupe Kamasutra, une ablation des amygdales plus tard et la fondation d’une autre formation répondant au délicat petit nom de Orphanage, suffisent à Phil pour définir son style: mélodieux, percutant et éclectique.

 

 

En 1969 notre ami Lynott décide de former Thin Lizzy. Accompagné de son vieil ami Brian Downey, du guitariste Eric Bell et du claviériste Eric Wrixon, il sort en 1976 l’album Jailbreak qui marquera le tournant de sa carrière. Le célèbre tube des loubards au coeur tendre qu’est The Boys Are Back In Town atteint les Top 10 au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Canada. Croulant sous un succès international qu’il ne domptera jamais, il enchaîne pourtant les collaborations, avec les Sex Pistols, Johnny Thunders et Garry Moore, avant de dissoudre Thin Lizzy et de former un nouveau groupe, Grand Slam. Il ne tiendra finalement les rennes de sa carrière de musicien que pendant dix années.

 

 

Contrairement à la plupart des chanteurs et leader de groupe, Phil n’est pas guitariste. C’est un bassiste, et pas des moindres. Il est de ceux qui colle un miroir sur sa gratte pour éblouir de son « spot appeal » les petites pépés massées devant la scène. Phil a aussi la voix grave et rocailleuse du clopeur alcoolisé, embaumant de sa justesse remarquable mêmes les punk les plus percés.

 

 

Comme tout bon rocker qui se respecte, Phil est torturé jusqu’à la moelle, et chante entre autre la solitude, l’histoire de l’Irlande, la condition des noirs et le massacre des indiens. Phil aime également les drogues en tout genre, les douces, les dures, les sales, les liquides, … Cela dit, ce sont peut-être plutôt les drogues qui l’adorent et, me direz-vous, à ce stade qu’importe le flacon pourvu qu’il y ai l’ivresse !

 

 

Chargé à bloc, Phil craque et s’effondre un 25 décembre 1985. Jour béni pour certain, on lui diagnostic une septicémie, une insuffisance cardiaque et jolie pneumonie pour la route. Philip Parris « Phil » Lynott meurt un an plus tard, à l’âge de 36 ans.

 

 

 

Victor Branquart