HAPPY BIRTHDEAD : SAMUEL COLT

11 janvier 2014

« Un pétard ou un Ricard, si t’as vraiment le cafard, à choisir y’a pas photo moi je choisis le maroco », louait le groupe Matmatah à l’aube des années 2000, repris en choeur par des foules de spectateurs haut perchés. Un choix contestable au vu de la qualité de notre breuvage anisé.

 

Samuel Colt (19 juillet 1814 – 10 janvier 1862)

Samuel Colt

 

Il semblait important de redonner toute sa place à notre ricard, au demeurant excellent antidiarrhéique. La boisson du soleil ne pouvait rester plus longtemps l’otage d’un groupuscule ignare sur les bienfaits de dame nature, eux qui se réclament des druides et d’Astérix. Plus de 40 millions de litres écoulés chaque année, c’est autre chose qu’une poignée de disque vendue sur le port de Concarneau entre deux galettes et un pichet de cidre. Mais bon, on va quand même te parler de pétard, puisque c’est pour ça que t’es là non?

 

 

Dans la famille Colt, je veux…

Samuel Colt, père pétard en chef, bien avant Clint Eastwood, Charlton Eston et la National Rifle Association. Responsable de quelques génocides, de duels alcoolisés devant des saloons miteux et cette passion des Etats-Unis pour tout ce qui flingue. Mais d’où vient cette idée d’inventer le premier six coup? Pour sa décharge, les loisirs sont un peu morbides dans la famille Colt. Les vacances pour le petit Samuel, c’est chrysanthème et signe de croix. Il est âgé de six ans quand il voit sa mère succomber d’un cancer. Un peu plus tard deux de ses soeurs trépassent, alors que Sarah Ann, la troisième, se suicide. Côté garçon, pas beaucoup plus de bol. John Samuel, l’un de ses deux frères est arrêté pour meurtre et met fin à sa vie le jour de son exécution. Samuel a 11 ans. Oui, une belle enfance de merde.

 

 

Samuel qui rit, Samuel qui pleure

Après la mort de son frère, notre petit bonhomme est envoyé par papa Colt à Glastonbury pour y travailler dans une ferme et étudier à l’école. Là-bas, après avoir lu plusieurs articles sur la poudre noir, l’idée lui vient de créer la première arme capable de tirer cinq fois. Quelques années plus tard, les deux premières sont fabriquées mais l’essai n’est pas concluant. Désabusé, Samuel prend la route sous le nom « Dr Coult » et gagne sa croûte avec des démonstrations sur les propriétés du protoxyde d’azote, connu sous le nom de gaz hilarant. Se marrer, voilà quelque chose qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de faire.

 

 

 Il cause pas, il flingue

Beau parleur, Samuel Colt séduit les foules. Il est tellement convaincant que certains demandent son aide pour guérir les malades et soigner les épidémies. En 1932, à l’âge de 18 ans, il revient pourtant à son premier amour, le flingue. Il dépose un brevet et invente le Colt Paterson, papy des pétoires vendu à la marine du Texas pour bouter Indiens et Mexicains. C’est le début d’une belle histoire entre notre inventeur et les armées de tous genres. Dans ces 25 premières années, la compagnie Colt vend quelques 400 000 armes et le succès ne se dément pas. Les poètes bretons avaient donc raison, « vivons à notre époque et dédramatisons, non bien sûr le pétard n’élève pas la raison ».

 

 

Samuel a beau se remplir les poches sur le dos de peuples décimés, ça ne l’empêche d’être un homme comme tout le monde et en 1862, la mort vient chercher notre ami, âgé de 47 ans.

Alors, si tu as des armes planquées dans ton garage et que tu as pleuré à chaudes larmes la mort récente de Mikhaïl Kalachnikov, n’oublie pas de déposer un scalp sur la tombe de Sam, à Hartford, emporté par la goutte un 10 janvier.

 

 

Hubert Charrier